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Lundi 21 mars 2011 1 21 /03 /Mars /2011 11:12

J’ai participé la semaine dernière à un séminaire sur les médias à Budapest.

La Hongrie n’était pas un choix au hasard pour ce débat puisque le gouvernement de droite a fait passer en force une loi extrêmement restrictive pour les médias, décriée dans toute l’Europe. Hélas, voilà le gouvernement qui est aujourd’hui à la tête de la Présidence de l’Union Européenne!

De nombreux ONGs, des organisations de journalistes mais aussi les partis et les deputes socialistes se sont mobilisés pour demander le retrait pur et simple de cette loi, qui prévoit par exemple que la personne à la tête de l’autorité publique des médias soit nommé directement par le Premier Ministre, et ce pour 9 ans!

J’ai été choqué par la lenteur de la réaction de la Commission européenne, et par l’inadéquation de sa réponse. Mme Kroes, Commissaire en charge de l’agenda digital, n’a analysé la loi, en bonne libérale qu’elle est, que sous l’angle du marché intérieur, et pas sous le prisme des droits fondamentaux!

 

Mais ce qui m’inquiète d’autant plus, c’est que cette loi n’est qu’un exemple révélateur de la dérive autocratique de la Hongrie sous l’emprise de M. Orban. La réforme de la loi électorale, favorisant son parti, ou encore la réforme de la constitution, affablissant considérablement les pouvoirs du Conseil constitutionnel, montrent que la Hongrie est en train de devenir une “tyrannie de la majorité” comme l’avait déjà prédit Tocqueville dans les années 1830. Avoir 2/3 des députés au Parlement ne veut pas dire faire ce que l’on veut. Il faut des garanties démocratiques et un équilibre des pouvoirs. Mais le Fidesz les empêche d’agir les uns après les autres, que ce soit les médias ou la Cour constitutionnelle.

Le pluralisme des médias est un élément clé de la démocratie. Les socialistes se battront pour le préserver.

 

Hélas, la Hongrie est loin d’être un cas isolé dans l’Europe de droite d’aujourd’hui. Jettez un coup d’oeil au classement de Reporters sans Frontières : la sentence est sans appel. La France est 44ème. Elle a fait l’objet de remontrances de la part de la représentante de l’OSCE pour la liberté des médias, Dunja Mijatovic, qui a déclaré que la nomination par le Président de la tête de l’audiovisuel public est un obstacle à son indépendance.

Et je pourrais donner plein d’autres exemples préoccupants parmi l’Italie de Berlusconi, la Bulgarie de Borrisov, etc.

 

Cette situation n’est pas acceptable. L’UE est fondée sur le principe de démocratie et doit être le garant de la liberté d’expression et d’information, comme stipulé dans la Charte des Droits Fondamentaux.

 

Je vois une certaine ironie dans le fait que l’on soit – à juste titre – strict avec la Turquie pour qu’elle revoit ses lois en matière de diffamation afin de pouvoir rentrer dans l’UE, mais qu’on permette à un Etat ayant déjà intégrer l’UE de mettre en place des lois bien plus restrictives. Cela donne l’impression qu’une fois entré, on peut faire ce que l’on veut et nier les principes mêmes que l’on nous a demandés de respecter afin de faire partie du club!

 

La question de la liberté de la presse se pose aussi en termes d’indépendance. Indépendance de la ligne éditoriale vis-à-vis des pouvoirs publics, mais aussi vis-à-vis des grands groupes, qui sont aujourd’hui propriétaires de la plupart des médias. Nous devons instaurer des règles strictes pour éviter la collusion d’intérêts entre la concentration des médias et le pouvoir politique et économique.

 

C’est pourquoi les socialistes européens demandent à la Commission de se saisir de la question et de présenter une législation cadre garantissant des standards pour assurer le pluralisme médiatique dans tous les Etats membres. La Commissaire Reding nous dit qu’il n’y a pas de base juridique pour cela. Je réponds qu’il s’agit d’une question de volonté politique.

 

Heureusement, de bons exemples existent aussi en Europe. Je suis fier d’avoir rencontré Robert Marshall, député socialiste islandais, à l’origine de L’initiative islandaise pour des médias modernes, qualifiée par l’OSCE de “protection pour la libre parole et le journalisme la plus forte du monde”.

Comme quoi, aussi au niveau des droits fondamentaux et de la liberté de paroles, les gouvernements socialistes font aussi la différence.

Par Philip Cordery - Publié dans : Europe
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Mardi 8 mars 2011 2 08 /03 /Mars /2011 10:01
Par Philip Cordery - Publié dans : Europe
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Samedi 26 février 2011 6 26 /02 /Fév /2011 09:56

Voici mon interview paru dans Le Quotidien de ce jour:

 

 

Réunies le week-end dernier à Bitbourg, les délégations sociaux-démocrates et socialistes de Sarre, de Rhénanie-Palatinat, de Lorraine, du Luxembourg et de Wallonie veulent promouvoir l'idée de réseaux de transports durables, accessibles et créateurs d'emplois.


De notre journaliste
David Marques

 

Les bonnes intentions ne datent pas d'hier. Avec ses 3,5 millions d'habitants, la Grande Région dispose d'un énorme potentiel économique, financier et culturel, qui peine cependant à décoller. Serait notamment en cause une politique des transports défaillante. «On est confrontés à un vrai problème en termes de mobilité. Le nombre croissant de frontaliers, qui viennent de plus en plus loin, ne fait qu'aggraver la situation sur des réseaux de transports qui sont déjà saturés», constate Philip Cordery, secrétaire général du Parti socialiste européen (PSE).

Le week-end dernier, l'Internationale SaarLorLux, regroupant la famille socialiste de la Grande Région, s'est penchée plus en détail sur la question d'une politique transfrontalière des transports. «C'est un sujet qui nous tient particulièrement à cœur. L'objectif de la conférence était de lancer un appel à une plus grande coopération entre les parties impliquées pour enfin trouver des solutions.»

Car, selon Philip Cordery, les bonnes idées existent. Trop souvent leur mise en œuvre ferait cependant défaut. «Le problème ne se situe pas au niveau des régions. Ce sont les États, mais aussi l'Union européenne, qui doivent suivre pour enfin mettre en musique les projets et idées qui se trouvent sur la table.»

 

Les bonnes intentions ne datent pas d'hier. Avec ses 3,5 millions d'habitants, la Grande Région dispose d'un énorme potentiel économique, financier et culturel, qui peine cependant à décoller. Serait notamment en cause une politique des transports défaillante. «On est confrontés à un vrai problème en termes de mobilité. Le nombre croissant de frontaliers, qui viennent de plus en plus loin, ne fait qu'aggraver la situation sur des réseaux de transports qui sont déjà saturés», constate Philip Cordery, secrétaire général du Parti socialiste européen (PSE).

Le week-end dernier, l'Internationale SaarLorLux, regroupant la famille socialiste de la Grande Région, s'est penchée plus en détail sur la question d'une politique transfrontalière des transports. «C'est un sujet qui nous tient particulièrement à cœur. L'objectif de la conférence était de lancer un appel à une plus grande coopération entre les parties impliquées pour enfin trouver des solutions.»

Car, selon Philip Cordery, les bonnes idées existent. Trop souvent leur mise en œuvre ferait cependant défaut. «Le problème ne se situe pas au niveau des régions. Ce sont les États, mais aussi l'Union européenne, qui doivent suivre pour enfin mettre en musique les projets et idées qui se trouvent sur la table.»

 

  Des modes de financement alternatifs

À titre d'exemple, le secrétaire général du PSE cite le projet ferroviaire Eurocaprail, qui vise notamment à améliorer la connexion entre Bruxelles et Luxembourg. Bien d'autres projets seraient prêts à être réalisés. «La Grande Région est un carrefour européen. Cette situation géographique privilégiée ne doit pas causer de tort aux habitants en termes de pollution, de nuisances sonores, de détérioration des équipements routiers et d'encombrements», souligne Philip Cordery.

La conférence de l'Internationale SaarLorLux a débouché sur une résolution visant un double investissement, qui tienne à la fois compte des enjeux environnementaux et économiques. «Il nous faut aboutir à une politique des transports durable, accessible et créatrice d'emplois. Pour cela, un double investissement à la fois dans les infrastructures de transports en commun et dans l'innovation du transport particulier est indispensable», précise Philip Cordery.

La priorité annoncée est de parvenir à proposer aux usagers de la Grande Région des transports publics bon marché, pratiques, sûrs, réguliers et fiables. En parallèle, un important investissement pour créer les voitures vertes de demain est nécessaire aux yeux des socialistes. «Il ne faut surtout pas sous-estimer l'impact économique de l'industrie de sous-traitance automobile. Il est de notre devoir d'accompagner ce secteur dans sa transformation, qui permettra de pérenniser des emplois durables et de qualité dans ce secteur clé pour la région.»

Les bonnes intentions ne datent pas d'hier. Avec ses 3,5 millions d'habitants, la Grande Région dispose d'un énorme potentiel économique, financier et culturel, qui peine cependant à décoller. Serait notamment en cause une politique des transports défaillante. «On est confrontés à un vrai problème en termes de mobilité. Le nombre croissant de frontaliers, qui viennent de plus en plus loin, ne fait qu'aggraver la situation sur des réseaux de transports qui sont déjà saturés», constate Philip Cordery, secrétaire général du Parti socialiste européen (PSE).

Le week-end dernier, l'Internationale SaarLorLux, regroupant la famille socialiste de la Grande Région, s'est penchée plus en détail sur la question d'une politique transfrontalière des transports. «C'est un sujet qui nous tient particulièrement à cœur. L'objectif de la conférence était de lancer un appel à une plus grande coopération entre les parties impliquées pour enfin trouver des solutions.»

Réunies le week-end dernier à Bitbourg, les délégations sociaux-démocrates et socialistes de Sarre, de Rhénanie-Palatinat, de Lorraine, du Luxembourg et de Wallonie veulent promouvoir l'idée de réseaux de transports durables, accessibles et créateurs d'emplois.

Par Philip Cordery - Publié dans : France
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Vendredi 25 février 2011 5 25 /02 /Fév /2011 17:06

J’ai été très surpris d’apprendre dans un article des Echos daté d’aujourd’hui que Nicolas Sarkozy avait déjà décrété qui serait député pour la 4ème circonscription des Français établis hors de France, couvrant le Benelux !

 

« L’année prochaine, Philippe Douste-Blazy redeviendra député. Ainsi l’a voulu Nicolas Sarkozy. »


Philippe Douste-Blazy, Dominique Paillé...le nom importe peu.

 

Mais dois-je rappeler que la France est une démocratie, fondée sur l'élection au suffrage universel de leurs représentants à l’Assemblée Nationale ? L’Ancien Régime a fait long feu : il ne revient pas au Président, aussi omnipotent qu’il semble vouloir l’être, de désigner ceux qui voteront les lois de la République pour les cinq prochaines années.

 

Les socialistes, contrairement à la droite, sont attachés aux principes démocratiques de la République et se les appliquent en interne: j’ai été investi candidat du Parti Socialiste sur la circonscription du Benelux, par une consultation de tous les militants. Et je me présente au vote de tous les Français y vivant.

 

Même si la droite semble croire que « dans cette zone, […] l’investiture de la majorité […] vaut élection », j’entends prouver qu’une campagne de terrain, auprès des Français du Benelux dont je partage les préoccupations, vivant moi-même à Bruxelles, peut contrecarrer la volonté suprême de notre Président tout-puissant.

Par Philip Cordery - Publié dans : France
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Lundi 21 février 2011 1 21 /02 /Fév /2011 10:03
Retrouvez ici la tribune que j'ai publiée avec Michel Liebgott dans Lor'Actu sur les transports transfrontaliers
 
 
Metz /
Politique
Nicolas Zaugra

Dans un contexte où les tensions sont fortes sur les questions de mobilité dans la Grande Région et dans le cadre de la conférence  sur les Transports de l’Internationale Saar-Lor-Lux à Bitburg, en Allemagne, Philip Cordery (secrétaire général du PS Européen) et Michel Liebgott (député PS et maire de Fameck) co-signent une tribune exclusive sur LOR’Actu.

 

« Mobilité dans la Grande Région : Pour des transports durables, accessibles et créateurs d’emplois »

 

"Les socialistes de Sarre, de Lorraine et de Luxembourg se sont réunis samedi 19 février à Bitburg en Allemagne pour définir ensemble une politique de transports dans la Grande Région alternative aux privatisations et désengagements de la droite.

 

Le défi, pour nous socialistes, est clair : garantir un réseau et des infrastructures de transports durables, accessibles et créateurs d’emplois pour les habitants de la Grande Région.

 

Nous ne pouvons pas continuer de nous déplacer comme nous le faisions : notre aspiration à un développement durable nous force à modifier nos habitudes. Le secteur des transports est un des plus grands producteurs d’émissions de carbone. Il ne s’agit pas ici de stigmatiser les usagers, mais d’appeler les pouvoirs publics à développer des modes de transports durables et respectueux de l’environnement. Pour cela, un double investissement à la fois dans les infrastructures de transports en commun et dans l’innovation du transport particulier est indispensable.

 

Cet investissement à deux dimensions permettra également de maintenir les emplois sur le bassin de la Grande Région, mais aussi d’en créer de nouveaux. En effet, un développement massif des réseaux de transports en commun sera une source précieuse de nouveaux emplois. Mais n’oublions pas que l’industrie de sous-traitance automobile fait également vivre de nombreux habitants de la Grande Région. C’est pourquoi nous appelons aussi à un investissement massif dans l’innovation pour créer les voitures vertes de demain, ce qui permettrait de pérenniser des emplois durables et de qualité dans ce secteur clé pour la région. Les travailleurs du secteur automobile ne doivent pas être les victimes de notre lutte contre le changement climatique, ils doivent au contraire bénéficier d’une transition juste qu'il convient d'anticiper.

 

Modifier notre mode de transport implique aussi et surtout de pouvoir bénéficier d’alternatives en matière de transports publics. Or nous avons vu le résultat du manque d’ambition de la droite en la matière et les conséquences de la privatisation du transport de passagers notamment. La concurrence ne doit pas être une fin en soi régissant les règles en matière de transports en communs.

 

Nous nous battons pour un service public du transport, axé sur l’accessibilité. Les travailleurs, les enfants allant à l’école de l’autre côté de la frontière, les personnes âgées ou vivant en zone rurale doivent tous pouvoir bénéficier de moyens de transports publics bon marché, pratiques, sûrs, réguliers et fiables. Les socialistes se battent pour l’adoption d’une directive cadre européenne, protégeant les services d’intérêt généraux, et couvrant notamment le transport de proximité.

 

La solidarité territoriale passe aussi par un maillage serré des lignes de bus, à l’image de ce qui se pratique désormais entre la France et la Grand-Duché de Luxembourg, avec la ligne bus VILAVIL, ou de trains transfrontaliers. Là encore, la tarification très incitative du Conseil Régional de Lorraine, pour ses lignes TER, a eu pour conséquence de convaincre les automobilistes d’utiliser le train. Nos collectivités territoriales ne peuvent pas concevoir leur politique de transports dans les limites des frontières nationales qui ne correspondent pas à la réalité d'un bassin de vie et d'emploi telle que celle de la région Saar-Lor-Lux. Cela implique notamment le financement de transports transfrontaliers et la coordination des stratégies de développement locales. Dans ce cadre, le passage de la portion Metz-Luxembourg en ligne à grande vitesse, comme le prévoit la priorité 4 des Réseaux transeuropéens de Transport, est pour nous primordiale. 

 

La mobilité transfrontalière, par la route, ne doit pas être négligée pour autant car elle constitue encore le mode de transport le plus utilisé, par nos concitoyens. Sans augmenter significativement le linéaire routier, nous pensons qu’il est nécessaire de densifier les ramifications transfrontalières. Le contournement d’Audun-le-Tiche, par exemple, établissant une jonction entre l’A30 et l’A4 luxembourgeoise, et desservant l’éco-agglomération d’Esch-Belval avec la future OIN, du côté français, doit être selon nous, terminée au plus vite …

 

Enfin, pour maintenir une haute qualité de vie dans notre région, pour préserver la nature et le paysage, des mesures doivent être prises pour régler les lourds inconvénients créés par le flux importants de camions transportant des marchandises. La Grande Région est un carrefour européen. Cette situation géographique privilégiée ne doit pas causer des torts aux habitants en termes de pollution, de nuisances sonores, de détérioration des équipements routiers et d’encombrements.

 

C’est pourquoi il est grand temps d’investir dans des solutions alternatives, telles que le rail et le transport fluvial. Ce sont des chantiers pour lesquels les socialistes se battront, pour le bien-être des Français vivant d’un côté comme de l’autre de la frontière."

 

Philip Cordery, Secrétaire Général du Parti Socialiste Européen, candidat PS aux élections législatives dans la 4ème circonscription des Français établis à l’étranger (Belgique, Pays-Bas, Luxembourg)

 

Michel Liebgott, député PS de la 10ème circonscription de la Moselle, depuis 1997, et Maire de Fameck

Par Philip Cordery - Publié dans : France
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