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Samedi 19 février 2011 6 19 /02 /Fév /2011 12:14

 

L'intégration européenne ne se décrète pas depuis Bruxelles ou d'autres capitales européennes. Elle se fait par petits pas au niveau local, là où les bassins de vie et d'emploi ne connaissent plus de frontières. Ces réalités transfrontalières sont le meilleur exemple du chemin parcouru et de celui, important, qui reste à faire.

C'est le constat que j'ai pu dresser samedi 19 février à Bitburg lors d'une conférence organisée par l'Internationale Saar-Lor-Lux autour de la question des transports.

 

Chaque jour, plus de 150 000 personnes traversent l'une des frontières de la Grande Région pour travailler, se loger, faire des achats ou encore du tourisme. L'existence d'un service public de transports accessibles -aussi bien financièrement que géographiquement- est dès lors primordial pour promouvoir la mobilité et l'échange.

Pourtant, ni les horaires des différentes compagnies de chemins de fer concernées, ni leur billetterie ne sont intégrés.

Toute politique transfrontalière est complexe, car les compétences et les moyens des collectivités territoriales de part et d'autre des frontières ne sont pas les mêmes. Les régions françaises sont encore loin des Länder allemands. De plus, la coopération s'inscrit dans des contextes, des temps et des priorités politiques différents.

 

Jean-Pierre Masseret, Président de la région Lorraine, nous a annoncé vouloir faire de la levée de ces obstacles une priorité lors de son mandat de deux ans à la tête de la présidence tournante de la Grande Région. Ceci suppose un secrétariat de la Grande Région renforcé pour assurer la continuité des travaux dans un espace de coordination que peu contraignant. Dans cette entreprise il pourra  compter sur l'aide de ses homologues allemands, luxembourgeois et belges qui sont tous, à l'exception du Président de la Sarre, socialistes. Ensemble, ils partagent également la conviction que la transition vers des transports verts devra être accompagnée de mesures fortes pour l'emploi et la formation, afin d'éviter qu'elle ne se fasse au prix d'une augmentation du chômage.

 

Je salue l'engagement de Jean-Pierre Masseret, du Président de l'Internationale Saar-Lor-Lux, Christoph Grimm, ainsi que de Rheinhard Klimmt, ancien ministre fédéral des transports et Président de la Sarre et Karl-Heinz Lambertz, ministre-président de la communauté germanophone de Belgique pour faire avancer ce laboratoire de l'Europe qu'est la Grande Région.  Ils incarnent à petite échelle les principes que le PSE porte et qui ne sera couronné de succès que s'il est décliné au niveau local comme l'internationale Saar-Lor-Lux a su le faire.

Par Philip Cordery - Publié dans : France
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Vendredi 11 février 2011 5 11 /02 /Fév /2011 14:09

Ce qui a été frappant dans ce Forum Social Mondial à Dakar, c'est la grande convergence des vues des progressistes de tous les continents, dès qu'il s'agit de définir une alternative crédible au capitalisme, et la volonté d'inventer de nouvelles réponses, notamment à travers le juste échange, la taxe sur les transactions financières, une nouvelle approche des échanges commerciaux  et de la sécurité alimentaire. Cette volonté et cet agenda communs ont transparu non seulement dans les discussions du Forum Social Mondial, où j’ai animé une table-ronde précisément sur ces questions, que lors de nos discussions avec nos partenaires africains et lors de nos visites de terrain.

 

En Afrique, l'agriculture a été pensée par les colons, qui ont mis l'accent sur la production de matières premières à bas prix, pour le marché européen. Mais comme l'a souligné Martine Aubry lors de son très beau discours visionnaire sur la nécessité d’un nouveau partenariat stratégique entre l’Europe et l’Afrique, "nous devons aussi nous éloigner d’une vision compassionnelle qui marque encore trop le regard européen sur l’Afrique". Comme le dit le vieil adage de Confucius, « Quand un homme a faim, mieux vaut lui apprendre à pêcher que de lui donner un poisson ». Notre objectif doit être le développement véritable des pays les plus pauvres, un développement au service des citoyens. Les peuples doivent d’abord et avant tout pouvoir se nourrir eux-mêmes.

 

Et pour tendre vers l'autosuffisance et la sécurité alimentaire, il faut non seulement endiguer la spéculation sur les produits agricoles, mais aussi développer les industries de transformation dans les pays en développement : il ne s'agira plus alors pour eux d'exporter du cacao, mais du chocolat. C'est ce que fait, par exemple, l'institut de technologie alimentaire dont nous avons rencontré le directeur, qui a su développer de nouvelles industries de transformation au Sénégal, pour l'exportation mais également pour la consommation locale.Dakar 3

 

De telles transformations impliquent d'avoir des employés formés. Or, aujourd'hui au Sénégal, 80% des lycéens sont en filières littéraires. Le pays manque donc cruellement de savoir-faire technique et d'ingénieurs. D'une part, il faut mettre du matériel scientifique et technique à dispositions des écoles. C'est ce que font, par exemple, les "blocs scientifiques et technologiques", une initiative financée par la coopération belge notamment, qui met des laboratoires scientifiques à disposition des écoles. D'autre part, il va falloir former des ingénieurs, et créer une vraie expertise locale. Car repenser le développement, c'est aussi partager le savoir pour casser la spirale de la dépendance.

 

Si ces Forum sociaux mondiaux demeurent avant tout un lieu de rencontre et d'échange unique pour les acteurs politiques progressistes et de la société civile du monde entier, celui-ci a également été l'occasion, pour moi de sortir des sentiers battus et de découvrir une réalité locale. J’ai rencontré de jeunes rappeurs  de Guediawaye, notamment le très brillant Malal Almamy Talla, alias « Fou Malade » qui nous ont donné une vraie leçon de vie. Ces jeunes s'organisent et mènent une véritable action sociale dans leurs quartiers. Ils pourraient choisir la facilité de partir ou de signer avec des grandes maisons de disques. Mais ils ont préféré mettre leur savoir faire au service de la cause sociale, en créant un centre de hip hop et de cultures urbaines pour les jeunes du quartier. Ils tiennent un vrai discours politique de gauche, et utilisent leurs voix, leur influence sur la jeunesse, pour canaliser la rage et la violence à travers la musique. Ils sont devenus de véritables acteurs de la transformation sociale au Sénégal.

 

dakar 4Il faudra maintenant que les politiques progressistes du monde entier s'allient pour porter ensemble, dans le débat politique, les idées émanant du Forum Social Mondial. Pour lancer, entre autres, cette "nouvelle alliance de civilisation et de coopération entre l’Europe et l’Afrique, qui devra s’affirmer dans le monde de demain".

 

C’était le sens de la rencontre que nous avons eu entre socialistes européens et africains, avec notamment d’Ousmane Tanor Dieng, secrétaire général du Parti Socialiste Sénégalais lors de laquelle nous avons échangé sur nos valeurs communes, la démocratie, la justice sociale, la paix et avons convenu de renforcer notre coopération pour formuler des propositions communes dans ce sens. Séduits par l’expérience du PSE, les partis africains envisagent maintenait de créer un Parti socialiste africain.

 

C’était également le sens de ma rencontre avec Chico Whitaker, un des fondateurs et piliers du Forum Social Mondial, avec qui nous avons conclu qu’il est plus que jamais indispensable que les forces politiques, les syndicats, les associations et les intellectuels progressistes s'allient pour porter ensemble, dans le débat politique, les idées émanant du Forum Social Mondial et élaborer de nouvelles convergences pour mener ensemble le combat idéologique contre la droite conservatrice et libérale.

 

Un autre monde est vraiment possible. A nous de nous mobiliser!

 

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Par Philip Cordery
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Vendredi 28 janvier 2011 5 28 /01 /Jan /2011 12:39

kirisdaroglu.jpgJe conduis actuellement une délégation du PSE en Turquie.

Nous nous rendrons à Ankara, Istanbul et Diyabakir, à la rencontre de nos partenaires le CHP et le BDP.

Voici quelques articles, en anglais et en turc, qui relatent notre visite:

http://www.tumgazeteler.com/?a=6603855

http://www.hurriyetdailynews.com/n.php?n=pes-secretary-general-praises-opposition-party-2011-01-27

http://www.tumgazeteler.com/?a=6602994

http://www.hurriyet.com.tr/gundem/16865553.asp

http://www.haberdiyarbakir.com/news_detail.php?id=39748
Par Philip Cordery - Publié dans : Europe
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Vendredi 14 janvier 2011 5 14 /01 /Jan /2011 17:08

Je suis heure par heure les événements tunisiens. A la fois surpris tant l’appareil policier mis en place par le régime de Ben Ali n’aurait pas pu permettre de prévoir une telle explosion populaire. Et à la fois conforté dans les positions que j’ai exprimées depuis des années : l’accumulation des problèmes sociaux et de l’absence de liberté politique que le régime de Ben Ali, autoritaire, autocratique et affairiste s’est obstiné à ne pas traiter, ne pouvait que conduire à la situation que nous connaissons aujourd’hui.

La chape de plomb que le pouvoir a fait peser sur la société sous prétexte d’endiguer l’islamisme est en train de se fissurer : les Tunisiens ne supportent plus de devoir faire face au chômage et aux difficultés sociales, alors que quelques clans se partagent tous les pouvoirs et les richesses du pays.

La promesse de Ben Ali de ne plus se représenter après la fin de son mandat, ou encore le limogeage de son gouvernement, ne sont que des effets d’annonce de plus, comme il y en a tant eu ces dernières années. A chaque élection, il a promis de ne pas se représenter, pour revenir sur ses déclarations quelques mois plus tard.

S’il eut fallu un exemple de plus, la gestion de crise déplorable de Ben Ali prouve définitivement que le RCD n’a plus sa place au sein de l’Internationale Socialiste. Je trouve, à titre personnel, qu’il est urgent que l’IS se saisisse de la question.

La seule issue de crise aujourd’hui serait la démission de Ben Ali, et la réunion d’une table ronde, associant les partis d’opposition, les représentants de la société civile, les syndicats libres pour assurer la mise en place d’une transition démocratique, grâce à la proposition de nouvelles institutions et à l’organisation d’élections libres.

Il est urgent, pour le bien des Tunisiens, que Ben Ali se retire de ce théâtre sanglant, ou la situation ne peut que dégénérer vers l’instabilité ou l’étouffement violent du conflit.

Par Philip Cordery
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Jeudi 16 décembre 2010 4 16 /12 /Déc /2010 15:26
Par Philip Cordery - Publié dans : France
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