L'intégration européenne ne se décrète pas depuis Bruxelles ou d'autres capitales européennes. Elle se fait par petits pas au niveau local, là où les bassins de vie et d'emploi ne connaissent plus de frontières. Ces réalités transfrontalières sont le meilleur exemple du chemin parcouru et de celui, important, qui reste à faire.
C'est le constat que j'ai pu dresser samedi 19 février à Bitburg lors d'une conférence organisée par l'Internationale Saar-Lor-Lux autour de la question des transports.
Chaque jour, plus de 150 000 personnes traversent l'une des frontières de la Grande Région pour travailler, se loger, faire des achats ou encore du tourisme. L'existence d'un service public de transports accessibles -aussi bien financièrement que géographiquement- est dès lors primordial pour promouvoir la mobilité et l'échange.
Pourtant, ni les horaires des différentes compagnies de chemins de fer concernées, ni leur billetterie ne sont intégrés.
Toute politique transfrontalière est complexe, car les compétences et les moyens des collectivités territoriales de part et d'autre des frontières ne sont pas les mêmes. Les régions françaises sont encore loin des Länder allemands. De plus, la coopération s'inscrit dans des contextes, des temps et des priorités politiques différents.
Jean-Pierre Masseret, Président de la région Lorraine, nous a annoncé vouloir faire de la levée de ces obstacles une priorité lors de son mandat de deux ans à la tête de la présidence tournante de la Grande Région. Ceci suppose un secrétariat de la Grande Région renforcé pour assurer la continuité des travaux dans un espace de coordination que peu contraignant. Dans cette entreprise il pourra compter sur l'aide de ses homologues allemands, luxembourgeois et belges qui sont tous, à l'exception du Président de la Sarre, socialistes. Ensemble, ils partagent également la conviction que la transition vers des transports verts devra être accompagnée de mesures fortes pour l'emploi et la formation, afin d'éviter qu'elle ne se fasse au prix d'une augmentation du chômage.
Je salue l'engagement de Jean-Pierre Masseret, du Président de l'Internationale Saar-Lor-Lux, Christoph Grimm, ainsi que de Rheinhard Klimmt, ancien ministre fédéral des transports et Président de la Sarre et Karl-Heinz Lambertz, ministre-président de la communauté germanophone de Belgique pour faire avancer ce laboratoire de l'Europe qu'est la Grande Région. Ils incarnent à petite échelle les principes que le PSE porte et qui ne sera couronné de succès que s'il est décliné au niveau local comme l'internationale Saar-Lor-Lux a su le faire.





Je conduis actuellement une délégation du PSE en Turquie.