Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Mardi 2 juin, j’ai participé au rassemblement des Goodyear et des Conti à Amiens. De nombreux élus locaux étaient présents, dont le Maire d’Amiens Gilles Demailly qui nous a accueilli à l’Hôtel
de ville. C’est notre devoir à nous, socialistes, d’être aux côtés des salariés picards qui souffrent, qui se sentent impuissant face à la fermeture de leurs usines, c’est notre devoir de leur
dire qu’une autre politique que celle de la droite qui ne fait rien est possible.
Ensuite, direction Abbeville pour rejoindre Gilles Pargneaux et Nicolas Dumont. Nous avons rencontré avec le bâtonnier du tribunal d’Abbeville, qui doit fermer du fait de la réforme de la carte judiciaire voulue par Mme Dati. Dans la Somme, ce sont les tribunaux de grande instance de Péronne et d’Abbeville qui doivent fermer, alors que dans l’Aisne aucun n’est supprimé. Or on sait combien sera difficile pour les personnes âgées ou les personnes isolées, de se rendre pour l’audience jusqu’à Amiens, où seront transférés les dossiers, donc les affaires seront jugées sans les parties prenantes.
Nous avons ensuite rencontré le comité de défense de l’hôpital public, menacé de fusion avec la clinique privée. C’est bien le même problème qui se pose ici, d’accessibilité aux soins et de services publics de proximité et de qualité. Ici la question des interventions chirurgicales est particulièrement difficile, car sur les neuf blocs, un seul doit rester à l’hôpital public. Comment dans ces conditions ne pas craindre une privatisation totale à terme ?
Notre entretien, ensuite, avec le syndicat enseignant de l’UNSA, nous a permis d’entendre la situation très difficile du personnel de l’Education Nationale. Or l’Etat fait le choix de se retirer partout, la maternelle est en danger, on supprime des classes et des RASED dans des établissements où ils sont nécessaires. Mais on veut mettre des policiers à la place.
Le meeting de clôture de la campagne dans la Somme, à Abbeville, fut un succès. J’étais entouré de notre tête de liste, Gilles Pargneaux, de Franck Blanger, secrétaire de
section d’Abbeville, de Lucien Fontaire, adjoint au Maire d’Abbeville, de Nicolas Dumont, Maire d’Abbeville et secrétaire fédéral de la Somme, de Claude Gewerc, Président du Conseil Régional de
Picardie et de Gilbert Mathon, député de la Somme.
J’ai insisté sur l’importance du vote de dimanche, pour enrayer la montée infernale du chômage à laquelle nous faisons face. Or ici, à Abbeville, quand on parle de chômage, on sait ce que cela veut dire. On pense tout de suite à nos camarades de Valeo, à ceux à qui on a déjà notifié le licenciement, et à ceux dont l’avenir est incertain. On pense que c’est injuste qu’une usine où les salariés ont tant de savoir-faire s’en aille en Slovaquie. On pense que le gouvernement n’a rien fait pour empêcher cela. On pense que la Commission de M. Barroso n’a rien fait pour empêcher cela. Et on a raison de le penser, car c’est vrai, le gouvernement de M. Sarkozy et l’Europe libérale de M. Barroso n’ont rien fait pour empêcher les licenciements chez Valeo, n’ont rien fait pour assurer l’avenir de la filière du verre si importante dans la région abbevilloise et qui connaît aujourd’hui de lourdes difficultés, n’ont rien fait pour empêcher la chute des prix du lait qui fait aujourd’hui que le coût de production d’un litre de lait pour nos producteurs est plus important que son prix de vente.
Mercredi 27 mai, le député de la Somme Gilbert Mathon est intervenu lors des questions au
Gouvernement sur l’annonce du plan social chez Goodyear à Amiens. Il a souligné l’inaction du gouvernement face au désastre économique dans la filière automobile picarde, et a l’a interrogé sur
son non recours au fonds européen d’ajustement à la mondialisation.
Luc Châtel, le Secrétaire d’Etat à l’industrie et à la consommation n’a pas su répondre à cette question, et l’a détournée en stigmatisant le rôle de la CGT dans la non mise en place du nouveau rythme de travail en 4x8, c’est-à-dire en stigmatisant ceux que ont refusé des horaires de travail insupportables, et qui ont voulu se battre pour conserver leurs acquis sociaux. Ainsi les salariés de Goodyear seraient, d’après M. Châtel, pénalisés pour avoir refusé ce nouveau rythme de travail, alors que leurs collègues de chez Dunlop l’ayant accepté ont à ce jour toujours leur emploi. M. Châtel ne répond pas à la question qui lui est posée, et se défend bien hypocritement, si on pense aux Conti qui avaient accepté les 40h et qui pourtant aujourd’hui se retrouvent au chômage… Il prône, une fois de plus, la course vers le moins-disant social. C’est à cela que nous, socialistes, voulons mettre fin.
"Le PSE veut une vrai politique alternative en Europe"
Interview disponible dans le Courrier Picard du 28 mai 2009.
C'est un candidat atypique dans cette campagne. Déjà, quel que soit le résultat, Philip Cordery est assuré d'être à Bruxelles... où il est secrétaire général du Parti Socialiste Européen. Et tandis que les enjeux de politique nationale dominent, ce Franco-Anglais, qui déclare vouloir s'implanter politiquement à Amiens, apporte un regard plus international sur les débats. Alors que Martine Aubry tient, ce soir, son meeting de campagne en Picardie à Amiens (20 heures, salle Omaïma, zone de Montières), tour d'horizon des rapports - pas si simples - entre le PS, l'Europe et la Picardie.
Philip Cordery, ce début de campagne centré sur la sanction de Nicolas Sarkozy n'était-il pas une
erreur alors qu'on est censé parler d'enjeux européens?
Je ne pense pas, sanctionner Sarkozy, c'est aussi sanctionner le président de l'Union européenne qu'il fut, l'acteur qui, avec
Merkel et Berlusconi, est le principal dirigeant de l'Union. C'est complémentaire de vouloir sanctionner la Commission européenne et les gouvernements nationaux qui sont dans l'orientation que
l'on dénone.
N'est-ce pas démagogique d'appeler, en France, à sanctionner Barroso à la tête de la Commission européenne, alors que le PSE n'a pas de candidat à lui opposer et que certains gouvernements de gauche, en Espagne et au Portugal, sont pour sa reconduction?
Je peux vous assurer que si nous avons une majorité de gauche au Parlement européen, Barrose ne sera pas président de la Commission. Le PSE a une position très claire : il n'est pas notre candidat et nous voulons changer la politique libérale qu'il mène. Des Premiers Ministres ont pu exprimer une opinion, mais ce n'est pas celle du PSE. Alors, certes, nous n'avons pas de candidat, parce que cela dépend de l'élection. Donnons d'abord la parole aux électeurs...
Et faire une campagne qui joue sur le clivage gauche-droite, alors qu'au Parlement uen majorité des votes est le résultat d'un compromis entre le PSE et la droite (PPE) n'est-il pas, là encore, trompeur?
Sur les sujets essentiels, les votes sont beaucoup plus divergents. Il y a effectivement eu un accord de gestion en 2004, sur lequel on revient aujourd'hui. On veut une majorité alternative!
Donc, il n'y aura plus d'accord de "cogestion" entre PPE et PSE comme il a existé jusqu'en 1999 et depuis 2004?
Donc, il n'y aura pas de compromis avec le PPE à l'issue du vote, car nos programmes sont radicalement différents et sur les grands sujets économiques et sociaux, de réels clivages existaient lors de l'actuelle mandature.
N'est-il pas illusoire de vouloir une Europe sociale dans le cadre des institutions européennes actuelles?
Tout est une question de volonté politique. Il y a de vraies possibilités de changement dans le cadre actuel. On propose un vrai plan de relance européen de 100 milliards d'euros, qui permette de recréer une dynamique économique. Nous voulons un bouclier social avec une vraie politique sociale, un pacte pour l'emploi, un salaire minimum dans tous les pays européens. Je voudrais aussi qu'on lance, via l'Europe, un grand plan de sauvetage de l'industrie automobile, notamment en Picardie.
Mais les pouvoirs du Parlement européen sont limités, notamment en ce qui concerne le domaine
social...
S'il y a une majorité de gauche au Parlement, les gouvernements devront en prendre acte et nommer un président de Commission qui correspond à cette
orientation.
Vous insistez sur le volontarisme, mais à la fin des années 1990, la majorité des gouvernements européens étaient de gauche et il n'y a eu aucune inflexion - voire l'inverse! - face à la logique libérale?
Nous sommes dans une autre époque! Il y a une évolution de la social-démocratie européenne qui nous permet d'appliquer notre politique : tous les partis ont voté le Manifesto, qui parle d'une directive sur les services publics, sur le salaire minimum. Cela aurait été impensable il y a dix ans.
Il y a une prise de conscience que ce moins-disant social, cette libéralisation ne peuvent continuer sans aller dans le mur. Il y a un désamour réel avec l'Europe - et je le comprends - qui n'est pas avec les institutions, mais avec les politiques qui sont menées. Mais il y a un vrai risque, si on ne fait rien, que ce sentiment se transforme en un rejet global de l'Europe. Et ça, c'est très dangereux, car on a besoin de l'Europe pour demain.
Regardez la vidéo de campagne de
Rainbow Rose !
Je remercie HES et le réseau européen Rainbow Rose dont il fait parti pour
cette vidéo de campagne édifiante sur la situation des homosexuels et transsexuels en Europe et à ses frontières.
Les députés européens socialistes ont toujours été présents, actifs et même moteurs lors des grands rendez-vous de la lutte pour les droits LGBT et du
renforcement de la législation antidiscriminatoire au niveau européen.
La lutte contre l’homophobie sous toutes ses formes, en Europe et dans nos pays voisins, est notre combat, en phase avec nos valeurs de non-discrimination et de défense de l’égalité des droits.
Ce combat nous a tenu a cœur lors de la précédente législature, comme le prouve la récente adoption du Rapport Buitenweg au Parlement Européen grâce au soutien du groupe PSE. Nous nous battrons
pour qu’enfin une directive horizontale contre les discriminations soit adoptée.
Ce combat
est également présent dans le projet du Parti Socialiste et dans le Manifeste du PSE, avec
notamment l’engagement de voter une directive horizontale sur la lutte contre toutes les formes de discriminations, et la reconnaissance dans tous les Etats membres des mariages, des contrats
d’union civile et des droits parentaux enregistrés par un autre Etat membre.
Ce combat antidiscriminatoire me tient particulièrement à cœur, c’est pourquoi j’ai signé les engagements de campagne de l’ILGA Europe, dont fait partie Rainbow Rose. Quand nous disons citoyens
d’abord, nous parlons de tous les citoyens.