Partager l'article ! Martine Aubry au Courrier Picard : « Nous proposons un plan de relance européen »: Martine Aubry, première Secrétaire du Parti socialist ...
Martine
Aubry, première Secrétaire du Parti socialiste, était jeudi soir à Amiens pour un meeting dans le cadre des élections européennes. Près de 500 militants s'étaient rassemblés salle Omaïma pour
l'écouter ainsi que Gilles Pargneaux, tête de liste (PS) de la région Nord-Ouest, Jean-Louis Cottigny et Philip Cordery, ses colistiers.A Amiens, on a eu un cataclysme social cette semaine avec des licenciements annoncés chez Goodyear. Il y a aussi les « Continental » à Clairoix. Qu'est-ce que le PS peut proposer pour lutter contre cette désindustrialisation ?
La Picardie est sans doute aujourd'hui une des régions qui souffre le plus de l'absence d'un plan de relance du gouvernement en France contre la crise. Il y a absence d'un véritable plan pour l'automobile qui touche les sous-traitants et les équipementiers. Qu'est-ce qu'on propose ? On propose un plan automobile sur le court terme qui accompagne les équipementiers comme il accompagne les constructeurs pour préparer les voitures de demain. Mais nous pensons aussi que la relance de la consommation, des salaires, des retraites pourrait accompagner le marché automobile qui est très ralenti. Les 27 Partis socialistes européens proposent un plan de relance que Nicolas Sarkozy n'a pas défendu lorsqu'il présidait l'Europe. C'est un plan de relance européen, pas seulement des plans nationaux les uns à côté des autres. Ce plan de 100 milliards d'euros portera aussi sur les transports, les logements. Il recréera des emplois et relancera la consommation.
Vous venez de rencontrer une délégation de producteurs de lait en colère. Que leur avez-vous dit ?
Que nous nous étions opposés à la suppression des quotas laitiers qui limitent les volumes de production, donc de garantir les prix. La droite a voté cette suppression. Avec les quotas et des négociations, on devrait faire que le prix qui arrive à l'agriculteur soit rentable.
Au niveau de la campagne européenne du PS, on ne perçoit pas d'élément identifiant fort. François Bayrou cible sur l'anti-sarkozysme et Daniel Cohn-Bendit sur l'Europe. Quel est votre angle de campagne ?
Pour moi, faire de la politique, c'est dénoncer ce avec quoi on n'est pas d'accord. On a toujours dénoncé ce système libéral qui met la finance avant l'économie, qui a cassé les services publics. C'est un autre système qu'il faut arriver à mettre en place. C'est vrai qu'aujourd'hui c'est difficile parce que la France va mal, parce que nous avons une droite qui refuse le débat européen, qui ment sur ce qu'elle veut faire. Elle avance avec de grosses ficelles sur le thème de la sécurité par exemple, alors qu'il y a un échec patent de la droite dans ce domaine ! Je n'ai qu'une seule chose à dire : le 7 juin on peut arrêter cette casse, la casse des services publics, cette injustice flagrante dans la répartition des richesses. On peut relancer l'Europe. Dix millions d'emplois peuvent être créés, notamment des emplois verts. Il faut que toutes les voix de gauche aillent vers ceux qui peuvent inverser la vapeur : les socialistes.
PROPOS RECUEILLIS PAR JACQUES BEAL
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