Partager l'article ! A Copenhague, les socialistes européens exigent une transition vers une économie verte juste pour les travailleurs: Ce matin, après de longues ...
Ce matin, après de longues et incertaines heures de queue dans le froid aux côtés de très nombreux représentants
d’ONG, de syndicats, de parlementaires qui ne sont clairement pas au cœur des préoccupations des organisateurs onusiens, j’ai finalement pu récupérer les badges permettant l’accès au Bella
Center, le bien gardé lieu où se déroulent jusqu'à vendredi les difficiles négociations de la Conférence des Nations Unies sur le Changement Climatique, à
Copenhague. Les socialistes y ont tenu une table-ronde de haut niveau pour rappeler notre volonté commune de réduction des émissions carbone, mais d’une réduction qui ne se fasse pas au détriment
des travailleurs et des pays du Sud. Pour cette table-ronde, des ministres de l’environnement (dont le Ministre Belge Paul Magnette qui coordonne l’action des Ministres socialistes au sein du
PSE), des députés nationaux et des députés européens (dont Gilles Pargneaux représentant le PS) participant aux négociations, se sont réunis autour du Président du PSE, Poul Nyrup Rasmussen, pour
souligner la détermination des socialistes à obtenir une réduction contraignante des émissions globales de 30% par rapport au niveau de 1990. L’ensemble des socialistes et sociaux-démocrates
demande expressément à l’Union Européenne de montrer une véritable volonté politique de prendre en charge ce problème en réduisant unilatéralement ses propres émissions de 30% par rapport au
niveau de 1990, indépendamment de ce que les autres pays mettent sur la table lors de cette conférence, ainsi qu’un financement ambitieux, et bien plus ambitieux que celui proposé par le Conseil
européen dominé par la droite cette semaine.
Pourtant, le cœur de la réflexion sur le changement climatique ne bat pas qu’à l’intérieur de ce centre de conférence
qui est devenu ces derniers jours une forteresse dont l’entrée est refusée à beaucoup d’ONG pourtant accréditées. J’ai croisé beaucoup d’entre elles dans les couloirs du Klimaforum, le sommet alternatif, où des citoyens du monde entier se sont retrouvés dans une ambiance joyeuse et studieuse pour échanger sur
l’avenir de notre planète et faire pression sur les décisions prises à quelques centaines de mètres de là, autour de menus 100% bio.
Les syndicats ont quant à eux investi le bâtiment de leur partenaire danois LO pour en faire le
« Pavillon du Monde du Travail», siège de très intéressants débats auxquels j’ai participé autour de la
notion de juste transition : faire du passage à une économie à faible compensation en carbone le moteur d’une
croissance économique durable et du progrès social, et prévenir que les plus démunis se retrouvent dans une situation de précarité énergétique. Ce ne sont pas à eux de payer le prix de la vision
de court-terme qui a dominé les investissements de ces dernières décennies.
Car c’est bien de cela qu’il s’agit, pour nous progressistes, ici à Copenhague : de donner une réponse globale à un problème qui n’est pas seulement environnemental, mais aussi social. Les solutions à la crise climatique doivent être pleinement intégrées à la lutte globale contre la crise économique et financière. Contrairement à la droite qui semble frileuse à avancer plus d’argent pour lutter contre le changement climatique en période de crise, nous, socialistes et sociaux-démocrates européens, voulons réconcilier le combat contre le changement climatique avec le combat pour des emplois durables et de qualité.
Ce dont nous avons besoin, c’est d’investissements visionnaires dans les énergies renouvelables, dans l’efficacité énergétique, dans des transports plus respectueux de l’environnement. Les secteurs innovants verts sont une opportunité de création de millions de nouveaux emplois à ne pas rater. Mais nous devons également envisager ces investissements sur le long terme, et pour garantir des emplois durables et de qualités, nous devons également investir massivement dans des programmes d’éducation et de formation pointus, dans la lignée de la stratégie de Lisbonne.
Nous socialistes européens soulignons également l’importance cruciale d’une solidarité mondiale envers les pays en développement. Mais alors comment financer la lutte contre le changement climatique, quand on annonce une augmentation de 25 à 30 millions de chômeurs dans le monde ? Oui, la transition vers des économies plus vertes nécessite de nouvelles ressources. C’est une des raisons pour lesquelles nous sommes entre autre favorables à l’instauration d’une taxe sur les transactions financières, pour que ceux qui par leur vision égoïste de court terme ont causé la crise financière actuelle soit ceux qui financent notre passage vers une économie plus durable, qui garantisse à la fois le progrès social, et la préservation de nos ressources naturelles.
Les socialistes européens sont engagés dans un processus de réflexion pour développer un nouveau modèle de
société et de développement, une véritable alternative à la vision capitaliste libérale de court terme. Nous voulons apporter une réponse progressiste globale aux crises auxquelles le monde fait
face aujourd’hui, et soulignons l’importance de l’équilibre entre les trois sommets du triangle magique formé par la croissance économique, la justice sociale et le développement durable.
Lire l'appel du PSE aux gouvernements du monde pour que les négociations sur le climat aboutissent, adopté à
l'unanimité au Congrès de Prague
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